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14 janvier 2008

Dubaï, la folie des grandeurs

« Ce pays a 36 ans et j’en ai 37?! » Walid Hareb, président de la société Dubaï Consultancy, promeut notamment le marché des Émirats Arabes Unis (EAU) à l’étranger. Il ne cache pas sa satisfaction. Avant 1962, début de l’exploitation pétrolière à Abu Dhabi, Dubaï n’était qu’un port perlier vivant de la contrebande d’or avec l’Inde. Après le premier choc pétrolier de 1973, les sept émirats, réunis en un seul depuis 1971, sont devenus le théâtre d’un développement fulgurant que rien ne semble pouvoir arrêter. La première tour de Dubaï, nommée le World Trade Center, construite en 1977 au milieu du désert, est maintenant dépassée et cernée par des gratte-ciel surgis en masse dans les années quatre-vingt-dix.
Aujourd’hui, l’expansion immobilière continue son assaut du désert… et de la mer. « Tout va très vite ici, c’est incroyable?! Les levées des fonds s’obtiennent en quelques mois, et les constructions suivent très vite » explique Medhi Amjad, PDG de la société immobilière Omnyiat Properties. Cette PME vieille de deux ans lance des projets de haute technologie pour un budget total de plus de 2 milliards d’euros. L’Émir de Dubaï, Cheikh Mohammed bin Rashid Al-Maktoum, a prévenu?: « Les EAU doivent surpasser New York. Nous devons être numéro un. » Pour preuve, la construction très récente de la fameuse Burj Dubaï et ses 705 mètres (la Tour Montparnasse s’arrête à 210?!), la tour la plus haute du monde. Les opérations immobilières sont devenues de nouvelles sources de croissance, particulièrement depuis 2002. Cette année-là, les Cheikhs ont autorisé les étrangers à devenir propriétaires d’immobilier résidentiel ou commercial, pour une durée illimitée. Ils faisaient face alors à l’afflux de capitaux et de touristes du Moyen-Orient?: après les attentats du 11-Septembre ils ne se sentaient plus en sécurité aux États-Unis. La clé de voûte du système?? Le tourisme de luxe. Le nombre annuel de touristes à Dubaï est passé de 300?000 en 1994 à plus de 6 millions en 2006. Les hôtels forment une belle part des projets pharaoniques menés par les grands promoteurs immobiliers de Dubaï et d’Abu Dhabi – Emaar, Al QuDra, Aldar. Le front de mer de Dubaï a déjà gagné plusieurs kilomètres de côte grâce aux trois célèbres îles artificielles en forme de palmiers, les Palm Island. Budget total, 2 milliards d’euros. Les longs bans de sable de Palm Jumeirah, l’île la plus avancée dans les travaux, accueillent 1?500 villas, déjà vendues pour la plupart. La condition pour acheter son coin de paradis?? « Avoir de l’argent et du goût » explique très sérieusement la directrice communication de Nakheel, promoteur du projet. Une villa sur l’île coûte la bagatelle de 3,4 millions d’euros. Et que dire du projet The World, réunion d’îles de luxe (artificielles), formant les cinq continents… Après la mise en place de zones franches pour attirer les sociétés étrangères, Abu Dhabi, Dubaï et ses pairs continuent leur développement aéroportuaire. Ils lancent des projets culturels (construction d’un Louvre pour 2010 à Abu Dhabi), sociaux et médicaux. Objectif?: préparer l’après-pétrole en développant notamment le secteur des services (40 % du PIB contre 31 % pour les hydrocarbures).

Laurence Faure

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