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29 janvier 2008

George Soros [Quantum Fund] estime Alan Greenspan responsable de la crise actuelle

Le constat se veut cinglant. Pour George Soros, « le premier à blâmer » pour la crise financière n’est autre qu’Alan Greenspan, a-t-il confié en marge du Forum économique mondial de Davos. Et le financier américain d’enfoncer le clou : « il a mal géré la politique monétaire en gardant les taux d'intérêt bas trop longtemps, ignorant le danger de la bulle immobilière ». Ambiance...

Il y a quelques jours, ce célèbre investisseur américain publiait une tribune dans les colonnes du Financial Times (22/01), dans laquelle il soulignait que la crise actuelle était la pire qu’aient connue les marchés depuis 60 ans. Il concédait toutefois « une différence profonde : la crise actuelle marque la fin d’une période d’expansion du crédit basée sur un dollar jouant le rôle de monnaie de réserve internationale ».

L’« homme qui a fait sauter la Banque d’Angleterre » pointe le « coup de grâce » donné « lorsque les prêts interbancaires, qui sont au cœur du système financier, ont été désorganisés par le fait que les banques conservaient leurs ressources et ne se faisaient plus confiance. Les banques centrales ont du injecter des sommes sans précédent, en étendant à un niveau encore inconnu la gamme des collatéraux acceptés en contrepartie de prêts accordés à un nombre jamais atteint de banques ».

Jusqu’à récemment encore, poursuit George Soros, les banques centrales faisaient tout pour éviter la récession aux Etats-Unis. Désormais, les investisseurs « doivent comprendre que la Fed pourrait bien n’être plus en position d’agir ainsi ». Sous-entendu : la Réserve fédérale américaine doit composer avec d’autres problèmes comme la flambée des cours du pétrole, de l’alimentation, des matières premières et in fine, l’inflation.

Tirs nourris contre les banques centrales

George Soros n’est pas le seul à dénoncer le rôle d’Alan Greenspan dans la débâcle de l’économie : dans un ouvrage intitulé « La grande crise monétaire du XXIème siècle » (aux éditions Jean-Cyrille Godefroy), l’économiste Pierre Leconte affirme : « si l'ex-président de la Fed Alan Greenspan n'avait pas baissé à 1% les taux directeurs et ne les avait pas maintenus pendant un an à ces niveaux, il n'y aurait pas eu de crise subprime ».

Moins sévère mais tirant dans la même direction, le français Jacques Cheminade juge que « les banques centrales sont soumises aux influences de la pensée monétariste et manquent leur cible. Lorsqu'elles injectent massivement des liquidités, en jetant de l'argent sur de l'argent, elles alimentent l'économie virtuelle des marchés financiers. Cet argent ne parvient pas à l'économie productive ». A méditer..

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