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07 mars 2008

Les «petites boîtes» se rebiffent…

Medef, UIMM, CGPME. Mon premier fédère les patrons des «grandes entreprises», mon second les métiers de la métallurgie. Ma troisième est la Confédération générale des PME. En pleine crise UIMM contre Medef, mon tout se nomme Jean-François Roubaud, président de la CGPME. Conscient que sa confédération de «petits patrons» a tout à perdre du combat des chefs…

On vous a senti agacé, dans les médias, par ce qui se passe entre le Medef et son adhérent majeur, l’UIMM. Les PME sont-elles touchées dans l’affaire?
Je ne suis pas agacé. Ces événements touchent deux organisations, pour des faits qui n’ont rien de nouveau. Mais au-delà de ces péripéties, il ne faut pas amplifier le malaise. Frédéric Saint-Geours n’est à la tête de l’UIMM que depuis trois mois. C’est un homme sérieux auquel il faut laisser du temps. Ce qui m’inquiète davantage, et j’ai eu l’occasion de le dire à Laurence Parisot [présidente du Medef, ndlr], c’est la perspective de retirer tous leurs mandats aux délégués du Medef. Ils défendent vraiment notre industrie et singulièrement les PME.

On n’a jamais autant parlé de la CGPME! N’est-ce pas, paradoxalement, une belle occasion pour vous d’exprimer le point de vue de vos adhérents, patrons de TPE et PME?
Nous sommes effectivement sur le devant de l’actualité mais pour une autre raison: la fin des contrats de nouvelle embauche, abandonnés par Xavier Bertrand [ministre du Travail, ndlr] en rase campagne, remplacés par des CDI! Au mépris encore une fois du principe de rétroactivité. Or c’est pour moi une source d’inquiétude majeure: les contacts nombreux, les coups de téléphone en provenance de TPE et de PME me laissent penser que 50.000 à 100.000 CNE risquent de se voir dénoncés a priori.

Des médias vous ont dit «filiale» du Medef. Un économiste, sur France Inter, a avancé que l’UIMM est votre «grand financier». Êtes-vous donc sous la coupe des «grands»?
Mais pas du tout! Je suis abasourdi de telles erreurs de la part de vos confrères! Si l’UIMM adhère à la CGPME, elle fait partie des 20 plus gros adhérents, et est même le premier d’entre eux, mais ces gros adhérents ne pèsent pas plus de 20 % dans les ressources de la Confédération*, parce que j’y ai veillé. Ainsi, aucun départ de telle ou telle branche ne mettrait la CGPME en péril.

Propos recueillis par Olivier Magnan

* Environ 6 millions d’euros.

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