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14 mars 2008

La femme qui paie cash son succès

une journée avec Catherine Barba, fondatrice et présidente de Cashstore.

À 35 ans, Catherine Barba fait déjà figure de «vétéran» du net. À peine diplômée de l’ESCP, cette brune dynamique a commencé «un peu par hasard» dans Internet, au sein de l’agence média OMD. C’était en 1996, aux balbutiements du www. Sa mission: créer le département web. En 1999, la structure employait 25 personnes et engrangeait des profits. Son passage à la direction générale du site iFrance doit aviver son goût des paris: elle décide de créer son entreprise. «J’avais huit ans d’expérience professionnelle derrière moi. Je me sentais prête à devenir mon propre patron. Je me suis jetée à l’eau» raconte-t-elle, tout sourire. Cashstore naît en juin 2004.
Pourquoi un «moteur de shopping»? «Sous couvert de monter ma boîte, je passe mon temps à faire du shopping en ligne» plaisante Catherine Barba. Son shopping, c’est un test régulier des 525 partenaires français du site. «J’achetais en ligne depuis des années, mais je n’y trouvais pas de récompense. Le concept de Cashstore, c’est récompenser nos clients en leur reversant directement de l’argent, le “cash-back”, en général la moitié de la commission que l’on reçoit en tant qu’apporteur d’affaires» Apparemment, les clients aiment ce genre de «marge arrière» inversée: Cashstore se lance en Espagne. Mais culture oblige, à la place du «cash-back», des bons d’achats en boutique (chez Zara, par exemple) gratifient les consommateurs espagnols. «L’Espagne est un marché idéal. Nous sommes dans une logique d’évangélisation: les Espagnols manifestent une certaine inquiétude face au shopping en ligne. Ils se demandent si c’est sérieux. Ils craignent la fraude…» interprète Catherine Barba, à l’aise sur le terrain: l’espagnol est sa langue maternelle.
D’autres services rémunèrent Cashstore: l’entreprise commercialise sa base de données riche de 1,4 million d’adresses avec un ciblage très précis. En majorité des mères de famille, responsables des cordons de la bourse: la cible parfaite… Autre service, une activité de conseil auprès des acteurs du e-commerce. «Cashstore est un excellent poste d’observation du commerce en ligne. Il existe 37.000 sites marchands en France. Certains font appel à nous pour augmenter leur taux de conversion. Il s’agit de transformer un simple visiteur en client. Près d’un visiteur sur deux de Cashstore achète, tandis que le taux de conversion dans l’e-commerce en général dépasse rarement 5 %.» Sur les 400.000 acheteurs inscrits actifs de Cashstore, 35 % vivent à Paris, 65 % en province – dans des grandes villes surtout. «Ce sont des femmes à 70 %. Souvent elles concilient travail et enfants.»
La passion d’entreprendre se fait bientôt envahissante. À la demande de son mari, entrepreneur lui aussi, Catherine Barba a fini par «lever un peu le pied». «J’étais workaholic au début. J’ai mis deux ans à trouver mon rythme» constate la jeune femme. Bonne façon de décrocher (un peu) du boulot: «Tous les deux mois, l’équipe se retrouve au grand complet pour 1 heure 30 de sport en salle avec un coach.» Soit quelque 12 Cashstoristes réunis autour de la boss…

Laurène Champalle

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