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14 mars 2008

L'argent liquide

«La croissance de la consommation mondiale de spiritueux grimpera de 0, 8 % par an sur les 5 ans à venir, contre 1 % de croissance ces 5 dernières années, se félicite Robert Beynat, commissaire général des salons Vinexpo. Mais les spiritueux restent une industrie extrêmement dynamique.» En 2006, le marché du vin mondial donne déjà le tournis à la planète: 68 milliards d’euros. Mais les spiritueux l’enivrent: 115 milliards. «Soit plus du double de la valeur de l’industrie des cosmétiques» sourit Robert Beynat. 50 % des alcools dits «spiritueux» consommés globalement dans le monde sont en réalité des produits nationaux: schnaps en Allemagne, saké en Asie, eaux-de-vie françaises… En marge de cette consommation, sept ou huit «grands» alcools forts se partagent le marché mondial, à commencer par la vodka. La «petite eau» polonaise tant prisée par les Russes – le marché maison absorbe en volume plus de la moitié de la consommation mondiale de vodka! – représente 23% de la consommation mondiale de spiritueux, contre 5% pour le brandy et le rhum brun, ou encore 3,6% pour le whisky. Les alcools bruns – whisky, cognacs, rhums – ont la cote sur le marché. «L’Inde fabrique aujourd’hui des quantités de whisky!» s’exclame Robert Beynat. Inversement, à l’exception de vodka et tequila, les alcools blancs subissent un coma éthylique. «Le gin par exemple connaît un gros revers. Il a un goût, un caractère que n’a pas la vodka. Cette dernière est un alcool neutre, qui se prête aux mélanges, et c’est ce qui fait en grande partie son succès» analyse le commissaire général de Vinexpo. Signe du dynamisme du marché, la bataille actuellement livrée entre les grands groupes de distribution pour racheter Absolut Vodka – numéro deux mondial de vodka – au suédois Vin & Spirit. Pernod-Ricard et Bacardi-Martini sont notamment sur les rangs pour obtenir la précieuse marque «premium», dont la valeur a été estimée à 4,3 milliards d’euros. «Le marché du cognac remonte en flèche» rappelle Beynat. Deux cibles privilégiées pour le fameux digestif français: les États-Unis et l’Asie. Un marché qui se développe donc mieux à l’export: les volumes de cognac destinés à la France en 2007 ont pesé 8,4 fois moins que les expéditions aux États-Unis.

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