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14 mars 2008

"La Laguna III n'est pas un échec industriel"

Carlos Ghosn, PDG de Renault, a fixé ses objectifs: entrer dans le top 3 des constructeurs mondiaux. Comment va-t-il s’y prendre, avec une Laguna 3 carrément arrêtée?

Vous disiez de la Laguna 3 que Renault ne pouvait pas «se manquer» avec cette voiture. Or, catastrophe, vous venez d’arrêter la production…
Arrêter la fabrication ne veut pas dire que la voiture ne marche pas bien. Nous sommes sur un segment en contraction en Europe, contraction beaucoup plus forte que ce que nous avions anticipé. C’est du bon management que de réduire les stocks, plutôt que de «pousser» la voiture sur le marché [ndlr: en cassant les prix]. Certes, c’est une mauvaise nouvelle et une petite déception. Mais nous sommes très confiants pour la voiture. Laguna 3 est très bien reçue par les gens qui l’achètent. Elle est impeccable sur le plan de la qualité. Nous n’avons d’ailleurs lancé qu’une seule voiture. Un break et un coupé arrivent en cours d’année. Là où nous sommes un peu en retard, c’est sur le marché des flottes [ndlr: les entreprises et les loueurs de longue durée].

Est-ce qu’on peut parler d’accident industriel?
Je ne pense pas.

Vous avez annoncé un accord industriel avec Israël pour une Renault électrique. Quand la verrons-nous dans un salon?
Nous serons en mesure de présenter un prototype roulant en 2010. La voiture sera commercialisée en 2011. Aujourd’hui, nous travaillons essentiellement sur la batterie. Nous visons une autonomie de plus de 100 km [ndlr: Bolloré, qui fait alliance avec Pininfarina, annonce une autonomie de 250 km]. Il est important d’avoir dans sa gamme une voiture «zéro émission» car il faut s’attendre à l’interdiction des moteurs thermiques dans les centres-villes.

Êtes-vous toujours en ligne avec votre plan qui consiste à vendre 800?000 voitures de plus d’ici à 2009?
Je reste très confiant. La première étape consistera à atteindre +10 % en 2008. Nous sommes sur un marché, dans les pays développés, pas tellement favorable. Mais les pays émergents poussent très fort et nous sommes très bien implantés dans ces pays. Nous serons en phase avec cet objectif.

Vous annoncez à Genève le lancement en Europe de la marque de luxe de Nissan, Infinity. Il n’y a pas de marché pour ce genre de véhicule!
Bien sûr que si! Infinity est une marque mondiale, il n’y avait pas de raison que seule l’Europe n’ait pas accès à ces voitures performantes et uniques en matière de design.

Propos recueillis par Gérard Jouany, envoyé spécial à Genève.

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