04 avril 2008
Vous dites dépression mondiale?
Franchement, je ne crois pas à une dépression mondiale. Certes, chacun se plaît, à juste titre, à évoquer le ralentissement brutal de l’économie américaine et la faible croissance de la zone euro. Comme on raisonne toujours par comparaison, il est très difficile de ne pas évoquer les Cinq Glorieuses, les cinq années précédentes pendant lesquelles l’économie mondiale caracolait à plus de 5% et les échanges commerciaux à 10%. Mais, les prévisions les plus pessimistes aujourd’hui nous ramènent à un rythme de croissance mondiale proche de 4% et jamais il n’est envisagé de voir l’économie européenne, elle, à moins de 1,5%. C’est dire si le mot de «dépression» est parfaitement inadapté à la situation actuelle, du moins pour 2008. Cela ne signifie pas que les troubles financiers n’auront pas une incidence forte sur la conjoncture internationale. Cela signifie qu’aujourd’hui il faut bien les séparer des effets d’une surproduction immobilière classique, aux États-Unis d’abord, dans une moindre mesure en Grande-Bretagne et en Espagne. Cette surproduction a des effets négatifs sur l’ensemble de l’économie de ces pays. C’est pour cette raison que l’on peut parler de la phase baissière d’un cycle traditionnel dont les économies très réactives, comme celles des États-Unis, sortent au bout de deux ou trois semestres, et des économies moins dynamiques au bout de quatre ou cinq. Un jour, peut-être, assisterons-nous à un credit crunch mais ce n’est pas le sujet des mois à venir. Gardons-nous de tout confondre, le financier et le réel. Certes, ils se rejoignent à moyen terme, mais ils ont leur logique propre qu’il faut bien décrypter et bien prévoir.
Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes
Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes














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