04 avril 2008
L’homme qui nourrit les ventres de Paris…
Quartier latin, 16h30. Un salut de la main et un large sourire en direction du traiteur, de l’autre côté du trottoir. Antoine Boucomont assure la tournée quotidienne de sa clientèle parisienne. Fauchon Paris, La Madeleine à Sens (2 étoiles Michelin) ou bien la simple charcuterie de région… Le Delas (prononcer «dela») figure aujourd’hui parmi les dix premiers des 400 grossistes alimentaires du Marché de Rungis, avec plus de 8.000 clients! Pour 55 millions d’euros de chiffre d’affaires, 105 salariés. Depuis l’érosion des détaillants grignotés par les supermarchés, traiteurs et restaurateurs forment le gros de la clientèle. Le Delas s’est donc repositionné vers les restaurants et vers l’export (15% de son CA). Passé des Halles à Rungis en 1969, le fournisseur est longtemps resté une société familiale et patriarcale. «En 2001, quand je suis arrivé, la société fonctionnait un peu comme un étal de marché, explique Antoine Boucomont. Les produits arrivaient vers une heure du matin, on les installait dans les rayons, les acheteurs débarquaient. Le gros de l’activité, c’était entre 4 et 8 heures du matin.» Aujourd’hui, le rythme a changé, au Delas. La société est passée d’une activité essentiellement matinale à un turnover permanent de services. «J’ai été tout d’abord frappé par l’absence de structure. Le patron devait tout faire! Nous avons donc monté plusieurs équipes, pour répartir les tâches » Quatre équipes qui organisent le travail, du «matin» au «soir». Attention, à Rungis il faut entendre par «matin» la phase 1 à 4 heures, par «après-midi» 9 heures 30 à 15 heures et par »soir» 15 à 17 heures. Objectif d’Antoine Boucomont: lisser et diversifier l’activité. «Nos clients ont des emplois du temps de déments! Nous avons donc tout organisé afin qu’ils gagnent du temps en venant chez nous.» Puissant: qui dit gain de temps pour des restaurateurs dit pour le fournisseur rapidité des services et proposition de la plus large gamme de produits, du standard à l’exclusif. «En riz, chocolats, vins, nous proposons aujourd’hui beaucoup de produits haut de gamme.» Les équipes se partagent la vente sur place, la préparation et l’envoi des commandes de «classiques», surgelés et frais. D’où la décision, pour Le Delas, d’agrandir ses locaux en avril 2007 pour stocker et vendre du «frais». «L’économie est considérable pour nos clients en termes de coûts logistiques: tout est sur place!» Dernière innovation en date, l’arrivée de Frédéric Poulain, chef cuisinier. Sa mission: proposer aux clients de déguster les produits et même fournir des recettes adaptées aux aliments achetés. Depuis 2007, Le Delas renoue avec la croissance. Ambition: atteindre 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et «doubler la taille de l’entreprise en développant l’export!» se projette Antoine Boucomont. Pas près de rompre avec ses habitudes de vie: rentré chez lui à 20 heures, il n’est pas question pour lui de divertissements nocturnes!
Laurence Faure
Laurence Faure













Qu'en pensez-vous ?
Donnez votre avis