11 avril 2008
Économies: tout ça pour ça!
Enfin! Neuf mois après avoir été élu sur le thème de la rupture, le président français se lance enfin dans le grand bain de la réforme de la dépense publique. On ne peut évidemment que s’en satisfaire. Néanmoins, la satisfaction s’arrête là, dans la mesure où la France devrait engager plus de 160 mesures pour réduire les dépenses publiques de… 7 milliards d’euros d’ici à 2011! Tout ça pour ça! Lorsque l’on sait que chaque année depuis six ans les dépenses de fonctionnement de l’ensemble des administrations publiques augmentent d’environ 12 milliards d’euros en moyenne, on se dit que 7 milliards d’économie, alors que le gaspillage des deniers publics a dépassé les 70 milliards au cours des six dernières années, c’est bien mince… La France reste donc bien le dernier pays de la zone euro, voire du monde développé, à refuser de moderniser son économie et notamment le fonctionnement de ses administrations publiques. En outre, n’oublions pas que, dans l’hexagone, les dépenses publiques représentent 54% du PIB, l’un des niveaux les plus élevés du monde. Et tout ça pour quoi? Une croissance molle, la pauvreté en augmentation et des inégalités accrues! À l’évidence, ce «modèle» du «dépenser plus pour gagner moins» n’est plus acceptable. Il faut donc le revoir drastiquement. Dès lors, si l’on voulait simplement revenir à un niveau de dépenses publiques de 50% du PIB, l’effort porterait sur environ 70 milliards d’euros, soit 10 fois plus que les 7 milliards annoncés… Bien entendu, il ne servirait à rien de baisser cette dépense publique juste pour le principe. Au contraire, il faut la réduire dans un souci d’efficacité économique, ce qui permettra alors de réduire la pression fiscale et de relancer la croissance. Tant que nos dirigeants ne l’auront pas compris, la France sera bloquée.
Marc Touati
Directeur général délégué de Global Equities et président du cabinet ACDEFI
Marc Touati
Directeur général délégué de Global Equities et président du cabinet ACDEFI














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