11 avril 2008
"Augmenter les prix de la SNCF? Nous allons voir..."
Guillaume Pépy, président de la SNCF
Opiniâtre, efficace, à l’évidence mentalement surdoué, ce «quinqua» nommé le 27 février à la présidence de la SNCF pour cinq ans a mission de «développer» et «moderniser» ce symbole hexagonal majeur. Il inaugure son quinquennat en frappant fort.
Moins de trois mois après votre arrivée à la présidence, vous rachetez totalement Géodis pour faire de la SNCF l’un des gros du transport et de la logistique. Opportunité ou priorité?
Ma feuille de route à la tête de la SNCF est écrite en ces termes. Avec cette acquisition à 600 millions d’euros nous voulons créer un champion français de la logistique à l’échelle mondiale. Nous avons aussi racheté l’opérateur allemand de transport ferroviaire de marchandises ITL. Notre idée est de faire plus de transport ferroviaire à vraie dimension écologique.
Vous disposez de 2 ou 3 milliards d’euros. Vous allez continuer les acquisitions pour contrer la Deutsche Bahn? Ses propres rachats dans le fret placent la SNCF en véritable état de siège, non?
Évidemment on ne s’interdit rien dans les mois à venir. Sur le fond, c’est l’image de l’entreprise SNCF qui est en train de changer. Mais, il ne faut pas oublier les trains?! Ce que nous avons réussi avec le TGV, il faut certes le réussir avec le fret, mais sans oublier les trains de la vie quotidienne. Nous allons aussi investir sur la ligne du RER D, par exemple, ou dans les TER, en région.
Justement, à propos du TGV. Le gouvernement va prendre la décision d’augmenter les péages pour les trains de votre groupe [la SNCF doit acquitter un droit de passage à Réseaux ferrés de France, propriétaire des rails et… héritier de la dette ferroviaire, ndlr]. Aurez-vous d’autres choix que d’augmenter le prix des billets de TGV?
Nous allons voir. Je dis seulement une chose très simple: attention de conserver au TGV sa vocation populaire. Il est normal que la SNCF paie au juste prix les péages. Nous avons besoin aussi de rénover et d’investir dans la modernisation et l’entretien de nos infrastructures. Pour le reste, il est normal que nous versions des dividendes à notre actionnaire, l’État. N’oubliez pas que nous ne payons aucun impôt sur les sociétés. Mais, pour revenir à votre question sur la hausse éventuelle du prix des billets de TGV, je demande seulement à l’État de trouver un bon équilibre. Nous avons besoin de moderniser notre réseau tout en gardant un TGV populaire.
Cette présidence, vous en rêviez! Le rêve est-il à la hauteur des réalités?
C’est le plus beau des jobs! Franchement, quelle merveilleuse entreprise! Avec toutes ses compétences, ces femmes et ces hommes qui se mobilisent au quotidien. L’énergie est communicative. Je suis le plus heureux des hommes!
Questionné par Éric Revel
Opiniâtre, efficace, à l’évidence mentalement surdoué, ce «quinqua» nommé le 27 février à la présidence de la SNCF pour cinq ans a mission de «développer» et «moderniser» ce symbole hexagonal majeur. Il inaugure son quinquennat en frappant fort.
Moins de trois mois après votre arrivée à la présidence, vous rachetez totalement Géodis pour faire de la SNCF l’un des gros du transport et de la logistique. Opportunité ou priorité?
Ma feuille de route à la tête de la SNCF est écrite en ces termes. Avec cette acquisition à 600 millions d’euros nous voulons créer un champion français de la logistique à l’échelle mondiale. Nous avons aussi racheté l’opérateur allemand de transport ferroviaire de marchandises ITL. Notre idée est de faire plus de transport ferroviaire à vraie dimension écologique.
Vous disposez de 2 ou 3 milliards d’euros. Vous allez continuer les acquisitions pour contrer la Deutsche Bahn? Ses propres rachats dans le fret placent la SNCF en véritable état de siège, non?
Évidemment on ne s’interdit rien dans les mois à venir. Sur le fond, c’est l’image de l’entreprise SNCF qui est en train de changer. Mais, il ne faut pas oublier les trains?! Ce que nous avons réussi avec le TGV, il faut certes le réussir avec le fret, mais sans oublier les trains de la vie quotidienne. Nous allons aussi investir sur la ligne du RER D, par exemple, ou dans les TER, en région.
Justement, à propos du TGV. Le gouvernement va prendre la décision d’augmenter les péages pour les trains de votre groupe [la SNCF doit acquitter un droit de passage à Réseaux ferrés de France, propriétaire des rails et… héritier de la dette ferroviaire, ndlr]. Aurez-vous d’autres choix que d’augmenter le prix des billets de TGV?
Nous allons voir. Je dis seulement une chose très simple: attention de conserver au TGV sa vocation populaire. Il est normal que la SNCF paie au juste prix les péages. Nous avons besoin aussi de rénover et d’investir dans la modernisation et l’entretien de nos infrastructures. Pour le reste, il est normal que nous versions des dividendes à notre actionnaire, l’État. N’oubliez pas que nous ne payons aucun impôt sur les sociétés. Mais, pour revenir à votre question sur la hausse éventuelle du prix des billets de TGV, je demande seulement à l’État de trouver un bon équilibre. Nous avons besoin de moderniser notre réseau tout en gardant un TGV populaire.
Cette présidence, vous en rêviez! Le rêve est-il à la hauteur des réalités?
C’est le plus beau des jobs! Franchement, quelle merveilleuse entreprise! Avec toutes ses compétences, ces femmes et ces hommes qui se mobilisent au quotidien. L’énergie est communicative. Je suis le plus heureux des hommes!
Questionné par Éric Revel













Qu'en pensez-vous ?
Donnez votre avis