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02 mai 2008

Grande distribution : la concurrence à tout prix

Sur le ton sportif, en conseil des ministres le 28 avril, la ministre d’attaque Christine Lagarde entend « mettre plus de joueurs sur le terrain » de la grande distribution. Objectif : intensifier la concurrence pour faire baisser les prix de 1,6 % sur trois ans. Voire 3 % s’enthousiasme Serge Papin, président du distributeur Système U. Moins optimiste, Michel-édouard Leclerc avance « une division par deux de l’inflation » au second semestre… Quel enthousiasme face au démantèlement des lois Galland et Raffarin. La première protégeait les petits commerces en interdisant aux grandes surfaces de répercuter les remises de leurs fournisseurs (marges arrière) : les prix seront dans le proche futur négociables, au profit des gros acteurs. Grand perdant : le commerce de proximité. « C’est mécanique, les prix vont baisser. Une concurrence exacerbée entre les grandes surfaces obligera les distributeurs à baisser les prix, en défalquant les marges arrière » explique Philippe Moati professeur d’économie à l’université Paris-Diderot et directeur de recherche au Credoc. Depuis janvier, la loi Chatel permettait déjà la baisse des prix par ce moyen. Mais rien n’oblige Carrefour, Auchan ou Leclerc de sacrifier ainsi de telles marges. La loi Raffarin, elle, limitait les superficies. On facilite désormais l’implantation des grandes surfaces de 1?000 m2. Attention aux « effets pervers?: pour améliorer la productivité, les distributeurs seraient tentés de supprimer des dizaines de milliers d’emplois aux caisses. Une pression accrue sur les fournisseurs pourrait les contraindre à licencier, voire à délocaliser… Des prix bas certes, mais au détriment de l’emploi » s’inquiète Philippe Moati.
PB

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