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02 mai 2008

2008 : quel charivari !

Le vrai rythme de l’économie du monde, c’est indubitablement environ vingt ans. Souvenez-vous : 1968, 1989 et aujourd’hui 2008. 2008, c’est l’année de tous les dangers, de toutes les ruptures et de tous les espoirs. C’est ce qui est le fil directeur du livre du Cercle des économistes : La guerre des capitalismes aura lieu (Perrin), qui est tout sauf catastrophiste et encore moins décliniste. C’est le simple constat de ce qui est en train de se passer sous nos yeux : la crise financière, les émeutes de la faim, le yo-yo des devises. Tout cela était prévisible, tout simplement parce que c’est le point d’aboutissement d’une compétition, heureusement économique, larvée jusqu’alors, des grandes zones économiques du monde. On avait bien naïvement imaginé que la chute du mur de Berlin était le point de départ d’une sorte de fin de l’histoire, d’un abandon des conflits, en un mot, d’un monde définitivement pacifié et assagi. C’est la raison pour laquelle on n’a pas jugé bon de modifier, en quoi que ce soit, la régulation économique mondiale et on est allé cahin-caha avec nos bonnes vieilles banques mondiales et l’inusable FMI?: pas de régulation moderne, l’explosion de tous les marchés avec les conséquences auxquelles on assiste quotidiennement. Mais, le pire n’est jamais sûr. C’est la régulation qu’il faut reprendre complètement, en y intégrant massivement les grands pays émergents et en trouvant une capacité d’intervention sur les marchés, notamment ceux des matières premières. Voilà un beau programme pour la fin de l’année…

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes

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