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16 mai 2008

Le travail, un puzzle

La réforme des réformes, celle qui conditionne toutes les autres, celle qui offre de véritables possibilités d’amélioration de la conjoncture, c’est cette transformation du marché du travail. C’est à la fois la plus importante et évidemment la plus dure parce qu’elle confronte quatre partenaires qui ont chacun leur propre logique : le patronat, les syndicats, l’État et l’opinion publique. Laquelle est traversée par la peur du chômage, par un souhait légitime d’amélioration de son pouvoir d’achat, également par un sentiment vague et relativement injuste que les chômeurs sont chômeurs parce qu’ils le veulent bien. Or, notre pays est celui qui investit le plus, proportionnellement, dans les politiques d’emploi et dont les échecs sont les plus patents, parmi les pays développés. C’est dire si la réforme s’impose et, bonne nouvelle, le scénario de la transformation se met progressivement en place. Tout a commencé par l’accord entre patronats et syndicats sur la rupture à l’amiable, ça s’est poursuivi par le débat sur la représentativité syndicale, puis les injonctions d’emplois de seniors, enfin nous sommes arrivés au cœur du sujet : la fusion de l’Anpe-Unedic et le débat sur les régimes d’indemnisation des chômeurs avec, en prime, la définition de l’offre raisonnable d’emploi. L’objectif de chacun est d’aboutir à un accord acceptable. La bonne illustration est bien celle de la définition de l’emploi raisonnable. On ne pourra exiger plus du chômeur que s’il est réellement aidé, pris en charge, si des formations lui sont proposées, qu’un parcours professionnel lui est suggéré. C’est ce qui existe dans les pays nordiques que nous aimons tant citer en exemple. Reste à le faire…
Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes

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