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16 mai 2008

En mai, fais ce qu’il te plaît

En mai, fais ce qu’il te plaît ? Rarement dicton populaire ne se sera montré aussi juste qu’en ce mois de mai 2008. Non parce qu’il correspond au quarantième anniversaire de Mai 1968. Non parce que le printemps semble enfin arriver sur la France. Non parce que les investisseurs boursiers semblent également retrouver quelque espoir. Mais surtout parce que, grâce ou à cause des jours fériés, ponts et autres viaducs, le nombre de jours travaillés risque d’être l’un des plus faibles de l’histoire française récente. Il s’agit d’ailleurs peut-être là d’un aperçu de ce qui attend l’économie du pays à l’horizon des quinze prochaines années : de moins en moins d’industrie, de services aux entreprises, de recherche de pointe et aussi de moins en moins de travail. « En échange », la France aura droit à de plus en plus de loisirs, de tourisme, de services à la personne… Bref, l’hexagone deviendra un géant Disneyland où le mois de mai durera toute l’année. Peut-être idyllique pour certains. Il faut néanmoins savoir que moins un pays travaille moins son PIB augmente et plus le pouvoir d’achat se dégrade. Au cours des vingt dernières années, la France est d’ailleurs l’un des seuls pays au monde où le volume d’heures travaillées a baissé (de 8 %). Or, sur la même période, cet agrégat a augmenté de 42 % aux États-Unis. Coïncidence qui n’en est pas une, toujours sur ces vingt années, l’écart de croissance entre la France et les États-Unis atteint 50 % (de moins pour nous bien entendu), soit le même écart que celui observé en matière de volume d’heures travaillées. Nous retrouvons là l’une des règles de base de l’économie et plus globalement de la vie : on n’a que ce que l’on mérite. Mais comme le dit la chanson : chacun fait ce qui lui plaît, surtout au mois de mai…
Marc Touati
Directeur général délégué de Global Equities et président du cabinet ACDEF

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