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16 juin 2008

Ministre de diversion, pas de divertissement

Le bloc-notes d'Olivier Magnan

Quel calme olympien ! François Fillon, au risque de paraître froid, ne se départit jamais de cette maîtrise où le sourire, fugace, semble impuissant à trahir l’émotion. Arlette Chabot, sur France 2, le 12 juin, avait pourtant tenté l’épreuve du film de souvenirs, de l’enfance, des frères, des amis, des parents… Rien. Le visage du Premier ministre, en incrustation, ne s’est pas même égayé au vu d’images qui auraient dû le faire réagir car le mental humain est ainsi, émotionnel. La seule pointe de tension ? Quand la voix off le traite de «rebelle». Moue et mot esquissé de protestation. Non, François Fillon n’est pas un rebelle. Pour survivre aux côtés du «président-émotions», il fallait ce ministre irénique, calme, encaisseur, dont la cote remonte juste ce qu’il faut quand Nicolas Sarkozy boit la tasse, histoire de servir de bouée d’opinion au tandem lâché au large de la mer des réformes. François Fillon et Nicolas Sarkozy sont les de Gaulle-Debré du moment, la paire qui flotte. Heureusement, car l’espèce de «prime au réservoir», après la «prime à la cuve» annoncée par le Premier sans chiffre, sans mode d’emploi, sans date semble surtout un aveu d’impuissance. olivier magnan

PS : à 15 heures, vendredi 13, le «non» à la constitution européenne semble assuré de l’emporter en Irlande. Tous les médias vous en auront dit l’essentiel et plus. C’est énorme. Dans ce pays à l’économie transcendée, entre autres par son exportation mais frappée par la crise immobilière, le repli des îliens porte un coup au Traité de Lisbonne comme les Français en avaient ainsi décidé en 2005 à l’encontre du traité de Rome. La présidence française de l’Europe s’ouvre sur un coup de théâtre.

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