16 juillet 2008
Les biocarburants épinglés par l’OCDE
«Bio» n’est pas synonyme de «bon». Sur fond de crise alimentaire mondiale et de flambée du pétrole, les biocarburants sont à nouveau dans le collimateur. De l’OCDE, cette fois. «Le soutien public à la production de biocarburants dans les pays de l’OCDE coûte cher, peine à réduire les émissions de gaz à effet de serre [c’était pourtant leur première raison d’être] et à améliorer la sécurité énergétique, et se répercute fortement sur les prix mondiaux des produits végétaux» constate un nouveau rapport de l’OCDE sur les biocarburants.
Sous perfusions publiques, la filière des biocarburants ne doit sa survie qu’aux subventions des Etats qui tentent de la faire exister, à grands renforts d’allégements fiscaux et d’aides financières directes aux producteurs, aux distributeurs et aux consommateurs de biocarburants. Ainsi, «aux États-Unis, au Canada et dans l’UE, le soutien public destiné à la fourniture et à la consommation de biocarburants devrait avoisiner 25 milliards de dollars par an à l’horizon 2015, contre 11 milliards environ en 2006» note l’OCDE.
L’OCDE pointe du doigt le coût élevé de la production des biocarburants. Elle se répercute sur les consommateurs. Sans compter les restrictions commerciales (droits à l’importation) qui protègent les entreprises nationales contre leurs concurrentes étrangères et pénalisent encore une fois les consommateurs…
Pour l’OCDE, l’avenir des biocarburants ne saura ignorer la réduction de la production d'énergie et une réelle ouverture des marchés de cette filière. Mais c’est surtout le développement des biocarburants de deuxième génération, produits à partir des parties non comestibles des végétaux, qui paraît prometteur. Car, contrairement aux biocarburants de première génération, fabriqués à partir de produits agricoles (betterave, blé, maïs, colza, tournesol, canne à sucre), ils ne détournent pas de produits agricoles du marché alimentaire mondial et ne sont donc pas responsables de la flambée des prix des produits de base.
Côté réduction des émissions de gaz à effet de serre, première motivation des politiques, les résultats sont «limités»: dans les transports, elle atteindrait tout au plus 0,8% en 2015, selon les estimations de l’OCDE. «Par rapport aux combustibles fossiles, l’éthanol tiré de la canne à sucre – principale matière première utilisée au Brésil – permet de réduire ces émissions d’au moins 80%. Cependant, les pourcentages sont beaucoup plus faibles pour les biocarburants issus des matières premières utilisées en Europe et en Amérique du Nord. Les biocarburants produits à partir de blé, de betterave sucrière ou d’huiles végétales parviennent rarement à faire baisser les émissions de plus de 30 à 60%, et les performances de l’éthanol de maïs restent en général au-dessous de 30%» explique l’OCDE.
LC














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