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22 mai 2007

Jean-François Bernardin, président des présidents des CCI... Du commerce à ses instances

Jean-François Bernardin, président des présidents des CCI... Du commerce à ses instances Il est le neveu d'Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse. Filiation improbable pour ce digne septuagénaire campé dans son salon de l'avenue d'Iéna ! Et pourtant... Jean-François Bernardin préside depuis plus de six ans l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI). « Ce n'était pas un plan préconçu, tout est venu naturellement, résume-t-il. Je suis un chef d'entreprise. Mon père, mort jeune, tenait deux magasins dont j'ai hérité. » Le jeune homme fait rapidement progresser son affaire et se retrouve à la tête d'une douzaine de magasins florissants. Un succès générateur de devoir : il va siéger dans les instances de la distribution, il sera vice-président de l'Institut du commerce et de la consommation (ICC) entre 1982 et 1994. Puis occupe le poste de vice-président du Conseil du commerce de France (ex-Conseil national du commerce), en charge des problèmes de sécurité - vol, chèques sans provision, etc. En 1995, on propose au notable de prendre la présidence de la Chambre de commerce de Versailles-Val d'Oise-Yvelines. « Je ne voulais pas de cette fonction, se souvient-il, mais les membres de la chambre m'ont dit qu'en cas de refus, ils demanderaient au Leclerc local. Alors... » Le nouvel élu découvre les nombreux services que les chambres rendent aux entreprises et l'importance du réseau national de l'ACFCI. En 2001, il mène une véritable campagne électorale. Objectif : la présidence. « Avec ma réputation d'homme difficile, ils doivent être masochistes puisqu'ils m'ont réélu en 2005, sourit-il. Mais j'estime qu'il faut rester entre 5 et 10 ans pour avoir le temps de faire des choses. » Même s'il reste président du conseil de surveillance de son groupe de distribution, Jean-François Bernardin a beaucoup réduit son activité commerciale « pour des raisons déontologiques ». En revanche, il conserve quelques mandats locaux : conseiller régional dès l'âge de 18 ans, il a longtemps été l'adjoint au maire de Saint- Gratien dans le Val d'Oise. Des expériences utiles pour gérer l'ACFCI, composée à la fois de membres élus et de collaborateurs permanents. « Il n'est pas si simple que chacun trouve sa place, reconnaît le chef d'orchestre. Dans une instance d'intérêt général comme l'ACFCI, la notion de chiffre d'affaires n'existe pas, mais l'exigence d'efficacité et de productivité est la même que dans une entreprise. » D'où cette boulimie de réunions qu'il enchaîne à longueur de journées : experts, chefs d'entreprise, maires... « Je passe aussi beaucoup de temps en province pour rencontrer les présidents des CCI. C'est un réseau où je n'ai pas vraiment de pouvoir hiérarchique. Je dois donc bien les connaître pour pouvoir les piloter. » Pas mal, sachant qu'il en existe près de 180 ! Mais cet hyperactif sait aussi s'arrêter pour prendre des vacances. Et lorsque le président est sur son bateau, ses collaborateurs ont l'interdiction formelle de l'appeler, sauf si ça brûle ! « Il est essentiel de prendre du recul par rapport aux choses, conclut le sage. Sans filtres, je recevrais 1 000 mails et 1 000 coups de téléphone par jour... C'est une forme d'esclavage.»

Laure Japiot

8:30. Arrivée à Paris après un lever matinal à 6 h 30 pour quitter la banlieue avant les embouteillages. Jean-François Bernardin habite Saint-Gratien (Val d'Oise). « Je suis donc obligé de prendre ma voiture, car le moindre retard de train se traduirait par un décalage d'au moins 30 minutes sur mon emploi du temps. »

8:45. Petit-déjeuner de travail avec ses collaborateurs. Le président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI) « déguste » quelques premiers dossiers.

12:00. Pause piano. Jean-François Bernardin prend des leçons une fois par semaine : Rachmaninoff, Chopin... Il enregistre même des disques !

15:00. Un point sur les dossiers en cours, avant de filer sur Versailles. Jean-François Bernardin est aussi président de la CCI de Versailles-Val d'Oise-Yvelines : il doit discuter avec le futur directeur général. Un restaurateur du Val d'Oise vient défendre son cas auprès de la CCI. « On passe en permanence de problèmes très ponctuels de circonscription, à des problèmes d'intérêt général. »

17:00. Détour par le studio de Radio Classique. Jean-François Bernardin assure la promotion de son livre J'aime la France mais je suis en colère, paru chez l'Archipel. Le chef d'entreprise fustige le déclin français et appelle à une « révolution culturelle » pour libérer les initiatives, réhabiliter le travail, diminuer les prélèvements obligatoires... Tout un programme

18:00. Son fils Thomas lui rend visite. En plus de tous ses mandats publics, le septuagénaire reste un chef d'entreprise. Il gère une activité de tourisme au Laos, supervisée sur place par le jeune homme...

19:30. La soirée est consacrée à une réunion publique, à Paris ou en province selon les jours. Ce soir, c'est à Mantes : Jean-François Bernardin retrouve une centaine de chefs d'entreprise, le maire, une conseillère régionale, la souspréfète... La réunion s'achève par une séance de dédicace, vers 23 heures.

©2007 Economie Matin

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