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01 février 2007

Afrique, la croissance en sous-sol

Un PIB en croissance de 5,4 % en 2006. Voilà de quoi faire rêver la France qui peine à atteindre les 2 % ! Un chiffre qui étonne d'autant plus qu'il concerne le continent le plus déshérité de la planète.

Comment l'Afrique peut-elle enregistrer une croissance supérieure à 5 % trois années d'affilée ? Grâce à la richesse de son sous-sol, bien sûr. Portés par l'envolée des cours du pétrole, l'Angola, le Nigeria, le Soudan et le Cameroun ont engrangé les pétro-dollars. Champion du continent, l'Angola flirte ainsi avec les 15 % de croissance ! Le reste du continent a bien encaissé le surenchérissement de la facture énergétique grâce à la diversité et l'abondance des matières premières. L'envolée des cours de l'or, du cuivre, de l'argent, du fer ou du titane a renfloué les caisses de la Zambie, de Madagascar, de la République démocratique du Congo ou encore du Gabon. Pas au point de rééquilibrer les comptes extérieurs des États, à l'exception des pays exportateurs de pétrole. Autre facteur de croissance, les investissements. Le climat des affaires se détend progressivement dans les pays politiquement stables. Ce changement d'environnement n'a pas échappé à la Chine désormais premier fournisseur du continent noir devant la France et l'Allemagne. En 2006, 780 entreprises chinoises ont dépensé près d'un milliard d'euros ! L'Afrique voit également son niveau d'endettement baisser grâce à des programmes d'allègement du FMI ou de l'annulation de dettes bilatérales avec le Club de Paris. Elle dégage ainsi des ressources qu'elle peut réinvestir dans la lutte contre la pauvreté. Ce qui manque : le volontarisme politique.


Ophélie Colas des Francs


Populations en détresse


Une croissance de 5,4 % ne suffira pas à sortir l'Afrique de son extrême pauvreté.
En 2000, les Nations Unies ont fixé un programme de développement mondial appelé « les objectifs du millénaire ». Pour le continent noir, le défi est de taille : diviser par deux le nombre d'Africains vivant avec moins d'un euro par jour d'ici à 2015. Une gageure quand on sait qu'il faudrait atteindre et maintenir une croissance annuelle de 7 %, maîtriser l'explosion démographique et résoudre les conflits armés qui ensanglantent de nombreux pays comme le Soudan ou la Somalie. D'après la FAO (Organisation des Nations Uniespour l'alimentation et l'agriculture), l'Afrique subsaharienne comptait 206 millions de mal-nourris en 2006 contre 169 millions en 1996.


© 2007 Economie Matin

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