15 octobre 2007
Le Japon prend la grosse dette
Trois agents régulent la circulation au carrefour de Yotsuya-3-Chome le temps d’une maintenance sur une canalisation. Quelques mètres plus loin, cinq employés attendent les clients à la station essence. La voie expresse citadine mène dans un dédale de ponts, tunnels et autres bretelles à l’un des nombreux aéroports internationaux du pays… Après l’éclatement de la bulle spéculative au début des années 1990, le Japon a choisi les grands travaux pour relancer l’économie du pays. Le pays croule aujourd’hui sous la plus lourde dette du monde. Le réformisme de Junichiro Koizumi, l’ex-Premier ministre, n’a pas suffi à remettre les finances de l’Archipel en bon ordre. La dette pèse 160 % de son PIB, soit 12 fois les recettes fiscales du Japon… Résultat, le Parti Libéral Démocrate a perdu les élections législatives du 29 juillet à cause de la desaffection des campagnes japonaises. Pour limiter la dette qui gangrène l’économie du pays, le gouvernement envisage d’augmenter la TVA. Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs qui verront leur pouvoir d’achat rogné par la hausse des prix. Le patronat japonais, lui, n’est pas rassuré. Il craint que Yasuo Fukuda, nouveau Premier ministre, ne se lance à nouveau dans une politique clientéliste afin de reconquérir l’électorat du PLD. Autre sujet de préoccupation, la faiblesse des taux d’intérêt. Un analyste de la banque CLSA : « Si les taux restent à 0,5 %, le Japon et ses entreprises continueront à se financer gratuitement. Ils ne se restructureront pas et le pays continuera à perdre du terrain sur le reste du monde. »
DE NOTRE CORRESPONDANT A TOKYO GILLES DE LESDAIN
DE NOTRE CORRESPONDANT A TOKYO GILLES DE LESDAIN













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