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24 mai 2007

Marché imparfait

Marché imparfait Dans la nouvelle économie, les produits qui deviennent des standards ne sont pas nécessairement les meilleurs. Ils sont en règle générale les premiers à arriver sur le marché avant que la concurrence ne surgisse. Prenons le cas d'un logiciel. Sa fabrication demande, en plus d'une grande expertise technique, un investissement énorme en temps et argent. Il se trouve que, dans le secteur high tech plus que dans tout autre, il y a toujours une prime au premier arrivant. En d'autres termes, il est autrement plus rentable, d'un point de vue commercial, de devancer ses concurrents et lancer sur le marché un produit à peine fini (on dit en version bêta dans le jargon), quitte à y apporter des améliorations futures.

A contrario, un produit bien conçu, bien ficelé et bien fini coûte cher, et les fabricants ne sont pas toujours disposés à payer le prix. Leur ligne de défense classique est que la valeur intrinsèque d'un produit est devenue, aux yeux du marché, un facteur tout à fait marginal du succès dudit produit. S'ils devaient investir le temps nécessaire pour développer le produit en question, ils arriveraient trop tard sur le marché et c'est le concurrent, sans doute de qualité moindre, qui sera récompensé. Et puis l'incitation à se précipiter sur le marché est d'autant plus forte que le fabricant peut reporter le coût des améliorations futures sur les consommateurs. Quitte à en faire un business à part entière.

Telle est la quadrature du cercle à laquelle fait face une entreprise soucieuse de créer des produits de meilleure qualité.

Jacques Bonjawo, PDG de Genesis FT, consultant chez Microsoft. Auteur de « L'Afrique du XXIe siècle » (Kartala).

©2007 Economie Matin

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