26 novembre 2007
Commissaires-priseurs
550 commissaires-priseurs tiennent le marteau en France. Pour autant, rien ne ressemble moins à un commissaire-priseur qu’un autre : cette profession reflète des réalités très différentes (ventes judiciaires ou volontaires, à Paris ou en province, petite étude ou grande maison, salarié, patron ou associé). Et donc génère des revenus extrêmement variables. Parmi l’échantillon de commissaires-priseurs interrogés sous couvert d’anonymat (faut pas rêver !), un associé dans une petite étude parisienne gagne 3 000 à 4 000 € par mois, un autre, bien implanté dans une grande ville de province avec une clientèle fidélisée et peu de concurrence, 10 000 à 12 000 € nets par mois. Un célèbre commissaire parisien déclare un salaire de 8 000 € nets mensuels, plus une prime de 40 000 € les bonnes années – rien les mauvaises. Modeste… En 1994, il a même dû vendre son appartement et sa collection personnelle pour renflouer les caisses… Dans les plus grosses maisons parisiennes, un associé va gagner 120 000 € nets par an, plus une prime de l’ordre de 250 000 € quand il a adjugé un Picasso ou un Van Gogh ! Salarié dans une grande maison parisienne, un jeune commissaire avec 5 ans d’ancienneté gagne 50 000 € nets par an. Ce qui est relativement peu au vu d’études longues (double cursus de droit et d’histoire de l’art) et une arrivée sur le marché du travail rarement avant 28 ou 30 ans. Les débutants ? Souvent embauchés à 1 500 € nets mensuels… Mais, comme le dit l’un des commissaires-priseurs interrogés, « ce n’est pas l’argent qui compte?: c’est la passion de l’art ! »
Ils n’ont plus le monopole des enchères
Le 19 novembre, quand Rémi Ader a adjugé le tronçon n° 14 du dernier escalier hélicoïdal d’origine de la Tour Eiffel (initialement estimé 15 000 à 20 000 €) pour 150 000 € à Erik Kurvers, dirigeant de la société de conseil néerlandaise Eiffel (sic), son étude a engrangé un petit magot ! Elle récupère 20 % du montant de l’adjudication, soit 30 000 € – plus les commissions payées par le vendeur qui restent à négocier. De l’aveu en direct de l’enchérisseur, il avait atteint son plafond ! Cependant, les frais d’une étude sont lourds: la location d’une salle à l’hôtel des ventes Drouot coûte cher. Sans compter les photos, la publicité dans les magazines d’art, le catalogue, les transporteurs, le personnel en salle des ventes et celui de l’étude, le loyer, les assurances, les cotisations aux organismes de la profession, les taxes à l’importation… Rémi Ader fustige la réforme du 10 juillet 2000 (suppression du monopole des commissaires-priseurs français). Elle a pesé lourd face aux géants anglo-américains Christie’s, Sotheby’s, Bonhams…
Laurène Champalle
Ils n’ont plus le monopole des enchères
Le 19 novembre, quand Rémi Ader a adjugé le tronçon n° 14 du dernier escalier hélicoïdal d’origine de la Tour Eiffel (initialement estimé 15 000 à 20 000 €) pour 150 000 € à Erik Kurvers, dirigeant de la société de conseil néerlandaise Eiffel (sic), son étude a engrangé un petit magot ! Elle récupère 20 % du montant de l’adjudication, soit 30 000 € – plus les commissions payées par le vendeur qui restent à négocier. De l’aveu en direct de l’enchérisseur, il avait atteint son plafond ! Cependant, les frais d’une étude sont lourds: la location d’une salle à l’hôtel des ventes Drouot coûte cher. Sans compter les photos, la publicité dans les magazines d’art, le catalogue, les transporteurs, le personnel en salle des ventes et celui de l’étude, le loyer, les assurances, les cotisations aux organismes de la profession, les taxes à l’importation… Rémi Ader fustige la réforme du 10 juillet 2000 (suppression du monopole des commissaires-priseurs français). Elle a pesé lourd face aux géants anglo-américains Christie’s, Sotheby’s, Bonhams…
Laurène Champalle














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