
Les enfants des années 1990, gavés de junk-food et nourris de messages nutritionnels sont, en 2012, en âge d'être à leur tour des parents et des éducateurs. Se demander de quelles valeurs ils sont aujourd'hui porteurs, c'est se poser la question de ce que la génération de leurs parents leur a transmis. La France à table n'est plus ce qu'elle était. On continue à manger de moins en moins chez soi, ensemble, en famille, pour le plaisir. On se ravitaille en vol. Dehors. Dans le frigo. Vite fait. On mange avec les doigts sans toujours penser à se laver les mains avant.
La corvée du supermarché a remplacé le plaisir du marché (la « disparition » des caissières du dernier hyper Carrefour à en employer, qui a fait tant de bruit en 2010, n'a pas franchement amélioré le climat !). Le plaisir de manger devient l'exception qui confirme qu'il n'y a plus de règles. La nourriture a changé de statut : remplissage compulsif contre le stress et l'ennui, réflexe pavlovien associé à la station assise devant un écran, un spectacle, sportif ou un autre. Qu'ont-ils fait, les ados des années 2000, des messages nutritionnels matraqués tous azimuts ? On imagine qu'ils en ont retenu l'essentiel, comme nos grands-parents apprenaient par coeur les messages d'hygiène. En 2012, constatons-nous une modification en profondeur de leur comportement alimentaire ? Ont-ils pris l'habitude de manger équilibré et surtout transmettent-ils les bases de l'équilibre alimentaire à leurs enfants ? Encore faudrait-il que l'on cesse de brouiller les messages en adoptant enfin les codes communs, simples, intelligibles et universels, de communication nutritionnelle, apparus vers 2006. Nous avons le choix entre la mondialisation des messages santé et celle de l'obésité. Plus pour longtemps !
Nathalie Hutter-Lardeau, Directrice d'Atlantic-Santé (www.atlantic-sante.com)
©2007 Economie Matin
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